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Guinée : L’ennemi de l’intérieur permet de justifier les exactions et complots de tous ordres

L’imposture du « complot permanent. »

vendredi 25 décembre 2009, par Thierno Bah

Docteur Thierno Bah Paris le 10/10/09.

L’imposture du « complot permanent. »

1-. Introduction.
Keita Sidiki Kobélé appelle, à longueur de pages de son livre « Autopsie d’un pamphlet, à un dialogue public pour « clarifier la réalité des complots contre la Guinée de Sékou Touré. » Il renouvelle son appel à chaque chapitre, indiquant, par sous-entendus, que ce sont les victimes en chair et en os qui se dérobent à son invitation. Mais il ne dit pas les démarches qu’il a pu avoir faites pour les informer de son appel à ce qu’il nomme la « confrontation. »
Si son approche est sincère et honnête, je me porte volontaire pour participer à un tel débat. Nous pourrions inviter ensemble des auteurs comme Niane Djibril Tamsir et René Gomez qui sont tous deux victimes en chair et en os des répressions politiques du PDG. Ce projet pourrait être ouvert à tous ceux qui ont quelque chose à dire, en bien, en mal et les deux à la fois, sur le parcours de la Guinée de 1958 à nos jours. Fofana Ibrahima, préfacier des livres de Kobélé, ancien détenu politique en 1961 dans le cadre du faux complot des Enseignants puis devenu ministre de Sékou Touré, représente bien ceux qui ont vécu les deux volets de la gestion du PDG.
Cette totale ouverture du débat aux citoyens de toutes les tendances serait u n verrou pour éliminer les faux débats et les discours stériles sur les causes de notre déclin politique, économique et socioculturel pour réunir les acteurs et les témoins de cinquante ans de mauvaise gestion de notre pays. Cette approche est représentative de la société guinéenne postrévolutionnaire car elle élimine toute référence ethnique et partisane qui empoisonne notre cohésion sociale. Dans chaque famille guinéenne, y compris celle des dirigeants, on trouve ces quatre catégories. Chacun de nous a vécu un parcours personnel correspondant à sa position par rapport à la décolonisation du pays et non par rapport à son origine ethnique et son choix personnel.
Keita Sidiki Kobélé est un inconditionnel du PDG ; Niane Djibril Tamsir est une victime en chair et en os du PDG, engagé dans le combat syndical bien avant l’indépendance, René Gomez est, selon moi, un cadre « apolitique » qui a mis ses compétences professionnelles au service du pays avant d’être broyé par les cabines techniques du camp Boiro. Il s’est ensuite mis au service des gouvernants militaires. Tous les trois ont vécu au pays les péripéties des cinquante premières années de notre indépendance. Quant à moi, je suis un exilé ayant refusé de rentrer au pays après mes études pour refuser et condamner l’arrestation des dirigeants du syndicat des Enseignants et des cadres universitaires en 1961. J’ai été je reste un opposant inconditionnel militant contre la dictature du PDG que je continue de combattre pour aller vers une réconciliation des Guinéens.
Je suis de ceux qui pensent qu’un débat sérieux reposant sur les faits, rien que les faits prouvés, destiné à nous parler, sans aucune arrière-pensée des règlements de comptes, de récupération partisane pourrait déboucher sur un dialogue de réconciliation. Il ouvrirait la voie pour écrire l’histoire vraie, vérifiée et acceptée par tous les Guinéens. Un proverbe vietnamien dit : « pour enterrer la hache de guerre, il faut savoir où elle se trouve. »
Un tel projet ne peut réussir que si nous le conduisons dans un cadre de concertation reposant sur une éthique intellectuelle rigoureuse et un climat tolérance impliquant le respect mutuel pour écouter tous les points de vue exposés. Confucius disait : « si je venais au pouvoir, je commencerais par rétablir le sens des mots. » Un rendez-vous de cette dimension devrait être possible cinquante ans après l’indépendance et vingt cinq ans après la mort de Sékou Touré. Il pourrait nous aider à tourner la page douloureuse du fiasco du premier cinquantenaire de notre indépendance pour écrire une plus belle pour les cinquante prochaines années.
On se souvient que le 2/10/08, les ministres guinéens n’ont montré rien d’autre que les blessures physiques, matérielles et morales des rescapés des cabines techniques et les larmes des familles des disparus sans sépultures. Ce que les Guinéens appellent la malédiction de la guinée sera levée le jour où, par un dialogue dépouillé de toute arrière pensée, nous célébrerons la réconciliation des personnes.
Pour réaliser ce projet, dans un climat favorable capable de favoriser les échanges entre les camps en présence, vivant depuis cinquante ans dans une méfiance réciproque, je suggère que chaque participant à la démarche écrive son vécu sans aucune crainte en indiquant ce que l’indépendance lui a apporté. Les témoignages recueillis serviront de base de travail pour écrire le ivre noir de la décolonisation. En attendant une suite hypothétique à cette approche qui répond à l’appel de Sidiki Kobélé, je livre ici les observations et les points qui me paraissent constituer l’imposture du PDG qui a trahi notre vote historique du 28/09/1958.

2-. Où sont les preuves des « complots ? »
Sidiki Kobélé, comme son héros, utilise la technique de raisonnement consistant à hercher les données du problème dont il a déjà fixé les résultats. Cette attitude a conduit le « comité révolutionnaire, dirigé par Ismaël Touré dans une impasse. En effet, tout citoyen dénoncé étant déjà considéré comme coupable et donc condamné, les « enquêteurs » lui dictent la « vérité du ministre » à travers des « aveux » diffusés 24h/24h par la voix de la révolution. Cette pratique a contraint le parti à faire lire par les cadres et intellectuels confirmés, connus et reconnus en Afrique et dans le monde des « aveux » dépourvus de toute cohérence et de toute crédibilité. Ce système de justice a discrédité le chef du PDG dont la folie meurtrière a effacé le héros de la lutte pour l’émancipation des Africains qu’il a dirigée avec brio auparavant.
Sidiki Kobélé, historien et documentaliste, selon sa biographie, bénéficiant de la confiance du PDG, n’a, publié à ce jour aucun document, aucune pièce à conviction authentique étayant la réalité des accusations portées contre nos compatriotes et nos camarades d’études. Ceux-ci ont été privés de comparution devant un tribunal normal et régulier pour deux raisons au moins. Le parti ne voulait prendre aucun risque de dérapage en donnant la parole libre à ses victimes dont il a toujours craint les compétences. Il ne voulait pas non plus montrer l’état physique dans lequel se trouvaient les prisonniers. Voilà pourquoi il a imposé un black out total sur les crimes qu’il a ordonnés.
Durant tout le règne du PDG, aucun détenu n’a réussi à s’évader des camps militaires. Aucun n’a reçu de visite familiale, de courrier, des médicaments et des colis alimentaires autorisés et réglementés par les conventions médicales internationales. Aucune information officielle n’a été adressée aux familles pour donner des nouvelles sur la vie et la santé des détenus. On ignore s’il y a eu des tentatives d’évasion. Le black out a été total et hermétique. Vingt cinq après ces faits monstrueux, Sidiki Kobélé et son ami Ibrahima Fofana font croire, dans leurs publications, qu’il existerait des preuves « incontestables » contre les accusés. Voilà pourquoi, selon eux, les victimes ne veulent pas de débat public sur la vérité des « complots. » Elles craignent la publication de « ces documents. » Les seules « preuves » qu’ils citent se réfèrent aux livres témoignages publiés par Pierre Mesmer, ancien haut commissaire de France en AOF et ancien ministre des forces armées du général de Gaulle, Jaques Foccart, et des écrivains proches des services secrets français…Ces auteurs seraient les « employeurs des comploteurs guinéens. » Il donne aussi comme sources de leurs preuves la brochure écrite en 1992 à Paris par Condé Julien et moi, « le calvaire du Peuple de Guinée » comme si nous étions des références de leurs forfaits que nous continuons de combattre 25 ans après la mort de leur chef !

Pour un histoire, qualifié d’être le Michelet guinée, ce type de « preuves »est plutôt puéril, maigre et pitoyable lorsqu’il s’agit de décider de la vie et de la mort de toute personne humaine.

3-. Appel au débat souhaité par Sidiki Kobélé.
Sékou Touré n’ayant toléré aucune expression publique d’une opinion autre que l’allégeance à sa personne, sa gloire et son pouvoir, j’invite Sidiki Kobélé et ses amis à organiser conjointement le débat public qu’il appelle de ses vœux dans ses livres. En attendant une suite hypothétique de sa part, je présente ici mes observations sur son réquisitoire contre ce que le PDG appelle « les agents de la 5e colonne du complot permanent. » Je considère ce système de gouvernement comme une imposture importée des pays communistes et de Cuba. C’est une forfaiture du parti unique contre notre vote du 28/09/1958.
Il faut rappeler ici que les Guinéens n’ont pas voté NON à 94 % pour donner un chèque en blanc à Sékou Touré pour traquer et éliminer, par la prison et l’exil, « tous ceux qui étaient susceptibles d’exprimer la volonté du peuple. » Ils n’ont pas voté NON à 94 % pour lui donner droit de vie et de mort aux citoyens qui cessaient de lui plaire. Ils n’ont pas voté NON à 94 % pour obliger les gens à porter une tenue blanche uniforme de sinistre mémoire et qui deviendra le linceul d’un grand nombre de détenus. Ils n’ont pas voté NON à 94 % pour autoriser le parti à tuer 50.000 personnes, jamais condamnées par un tribunal normal et régulier, dans le secret des camps militaires.
Ce qui me sépare de Sidiki Kobélé et ses mais c’est leur allégeance inconditionnelle et sans aucune réserve à un homme passé du statut de héros à celui de tyran assoiffé de pouvoir et de gloire. J’ai passé ma vie à combattre ce système étranger à notre culture avec les armes que je détiens et que personne ne peut me retirer : ma plume et mes modestes relations socioprofessionnelles. Je me suis opposé au parti félon de façon inconditionnelle et ininterrompue. J’ai initié et participé à de très nombreux thèmes de lutte qui ont permis de rassembler les Guinéens divisés et dispersés dans le monde pour reconstituer les liens sociaux nécessaires pour agir ensemble contre le déclin du pays.
Sidiki Kobélé et moi chacun dans son camp, s’est battu avec armes utilisées par les universitaires : la plume. Voilà pourquoi tous les deux, nous avons écrit nos témoignages. Si on vient à mon domicile, on trouvera des cartons et des cartons contenant des rapports, des articles, des propositions d’actions concrètes des motions attestant mon engagement militant. Je pense qu’il en est de même si on visite le domicile de Sidiki Kobélé. Si nos camarades, raflés dans les filets des PRL, avaient engagé une lutte contre le PDG, ils auraient fait comme nous : écrire des documents, les discuter, les adopter dans des réunions de bureaux, des meetings pour diffuser et populariser des points de vue communs à tous les responsables.
Où sont les « documents accablants » trouvés dans leurs domiciles, leurs bureaux saisis par les agents des répressions du parti ? Ces questions posées, sans relâche depuis vingt cinq ans, sont restées sans réponse. Je me fais violences pour renoncer à polémiquer point par point aux innombrables affirmations de Sidiki Kobélé et son ami Ibrahima Fofana qui a préfacé son livre. Cette modération traduit ma bonne foi et mon souci d’ouverture à tous les points de vue pour favoriser et faciliter le débat démocratique et la garantie que le dialogue que je propose sera conduit selon les règles de l’art avec honnêteté, tact, respect mutuel, tolérance et patriotisme.
Orienté dans cet esprit notre rencontre, si elle a lieu, pourrait mobiliser nos compatriotes en grand nombre pour s’informer du parcours du pays depuis cinquante ans. La préparation de ce débat pourrait inciter les cadres à apporter des propositions de réformes positives pour le pays pour les cinquante prochaines années. Pour garantir un soutien populaire à cette approche, il faut la déconnecter de tout préjugé, de toute arrière-pensée de règlements de compte, de récupération à des fins ethniques et partisanes. Il faut orienter les débats sur les retards économiques sociaux et culturels découlant de la politique menée depuis l’indépendance. A cet effet, chaque camp pourrait rédiger un mémoire sur le thème général suivant : « qu’est-ce que l’indépendance de la Guinée m’a apporté qui me rende fier d’être Guinéen ? »

4-. Pourquoi un procès exclusif à charge contre le livre de Gomez ?

Je regrette que Ibrahima Fofana, juriste, magistrat, de surcroît ancien ministre de Sékou Touré, de venu avocat sous Conté ait épousé, sans aucune réserve, sans aucun état d’âme, les dénis de justice et les mascarades à prétention judiciaires des sentences de mort prononcées par les PRL et validées de la base au somment du parti Etat. Il a approuvé les assassinats de victimes condamnées à 10, 20 ans de prison. Je regrette qu’il n’ait apporté aucune observation critique sur les « procès radiophoniques » diffusant les « aveux » Il ne dit pas un mot sur la non comparution des accusés devant aucun tribunal. Durant personne n’a vu un accusé répondre aux questions d’un vrai juge professionnel.
Je regrette que Sidiki Kobélé et son ami Ibrahima Fofana aient porté un jugement de valeur contre le livre de René Gomez : « Camp Boiro. Parler ou périr ? Personnellement j’y ai trouvé quelques réponses à des questions qui tourmentaient mon esprit. Même si je ne partage pas ses positions et ses comportements, je respecte son témoignage. Pour moi, tout auteur d’un témoignage en bien, en mal ou les deux à la fois sur le parcours d notre pays de 1958 à nos jours, mérite respect pour son travail.
Je n’ai pas connu René Gomez durant nos études bien qu’il semble que nous étions ensemble membres de l’AEGF dans les années 60 en France. Je l’ai rencontré la première fois en 1992-93 dans une réunion de guinéens organisée à l’Ecole d’Architecture de Paris par un de ses amis, professeur dans cette université. Tout puissant ministre de l’intérieur et organisateur de la première élection présidentielle pluraliste depuis l’indépendance, il n’était pas gêné de recevoir ses compatriotes dans un amphithéâtre mis gracieusement à sa disposition. Dans le même temps, il logeait dans une suite de l’hôtel Concorde Lafayette !
Lui ayant posé dix questions sur sa gestion de son département ministériel et son parcours professionnel, il les a esquivées avec un sang-froid digne de Sphinx. J’ai pris acte que hier, victime en chair et en os du PDG qui l’a embastillé au camp Boiro durant de nombreuses années, il n’a pas hésité à reconduire contre les Guinéens les injustices qu’il avait subies . Je regrette que Sidiki Kobélé et son ami Ibrahima Fofana n’aient exprimé aucune émotion, aucune compassion, aucun mot de réconfort aux veuves et enfants de nos camarades disparus au camp Boiro. Je regrette enfin qu’ils parlent en termes blessants « d’erreurs qui ont pu entraîner la mort de certains accusés. » Pour moi, la mort d’une seule personne de façon injuste n’est pas « un détail de l’histoire. » Je leur pose la question suivante : à supposer que nos camarades fussent coupables, méritaient-ils les traitements inhumains et dégradants qu’ils ont subis.

5-. Nouveau plaidoyer pour la réconciliation.
Lassé d’entendre toujours les mêmes discours sur la mauvaise gouvernance, je suggère de convoquer une concertation pour réconcilier les Guinéens. Cette démarche doit se consacrer à refonder une Guinéen neuve d’où sortiront des leaders capables de subordonner leurs ambitions personnelles à l’intérêt général. Cette rencontre devra accoucher d’un programme de redressement de la gestion du pays confiée à des gens capables et non plus à des larbins taillables et corvéables à volonté. Ce programme sera étalé sur les cinquante prochaines années pour sortir de la répétition de l’histoire où tout homme arrivant au pouvoir s’y incruste par tous les moyens.

En ciblant cet horizon, nous chercherons à corriger les fautes politiques et de gestion qui ont abouti au fiasco du premier cinquantenaire de notre indépendance du 2/10/2008. Cette démarche que je propose invariablement depuis 25 ans devant tous les auditoires guinéens est essentiellement orientée vers la recherche des voies pour stopper les fautes politiques qui ont conduit le pays au dans un abîme de misère sans fond, un chaos socioculturel et un déclin politique sans fin.

6-. Propositions concrètes.
Elles ne sont pas nouvelles. Elles découlent du constat que plus de 25 ans après la mort du responsable suprême de cette impasse, tous les efforts déployés pour organiser un dialogue de réconciliation ont buté sur un seul point : le refus de tous les leaders d’opinion de subordonner leurs ambitions à leur soif de pouvoir. Ils ont cristallisé leurs discours à leur promotion politique centrée sur un changement de gouvernants en leur faveur. Or aucun changement de personnel politique, dans la situation actuelle de la société guinéenne, privée du leadership d’un homme ayant montré sa capacité de gérer nos différences ethniques et partisanes ne changera quoique ce se soi dans la vie quotidienne des habitants de la Guinée. Personne ne peut plus dire que Sékou Touré, du fond de sa tombe, où qu’elle se trouve, nous empêche d’unir nos efforts pour corriger l’héritage qu’il nous a laissé. C’est la surestimation des ego des leaders qui bloque le pays.

A*-. Première proposition.
L’intervention de la Communauté internationale dans le chaos provoqué par les massacres de plus de 200 manifestants le 28/09/2009 ne résoudra aucun problème si elle ne tient pas compte des points de vue des Guinéens qui se souviennent que les crimes politiques du PDG ont été motivés par la prétendue complicité des universitaires « pour aider la France et l’impérialisme à recoloniser la Guinée après la victoire du NON au référendum du 28/09/1958. » Le retour de la France, qui avait opposé un silence et une indifférence totales à l’élimination de cadres qu’elle avait formée dans ses grandes écoles durant tout le règne de Sékou Touré, sonne « la victoire à la Pyrrhus » de ce dernier et son voyage à « Canossa. » Ayant tué et exilé tous ceux qui pouvaient l’aider à construire un Etat prospère que la France ne pouvait plus recoloniser pour diverses raisons, il ouvre la porte à son imposture, exposant la Guinée au boomerang.
Il faut mettre fin aux exclusions réciproques des acteurs publics pour réunir nos différences ethniques et nos choix partisans autour de la définition d’un projet de société refondateur d’une communauté désirant vivre ensemble.

B*-. Deuxième proposition.
Il faut écrire la vérité historique de la décolonisation pour tourner définitivement la page des clivages ethniques et partisans secrétés par les politiques conduites de 1958 à nos jour. A cet effet, trois livres publiés par trois auteurs représentatifs des catégories socioculturels peuvent servir de support pour le débat public que Sidiki Kobélé appelle de ses vœux dans ses livres et que j’appelle dialogue pour réconcilier les Guinéens. Ces trois ivres sont : « les complots contre la Guinée de Sékou Touré de Sidiki Kobélé ; Camp Boiro. Parler ou Périr de René Gomez ; 30 ans de violences politiques en Guinée, par moi-même. On peut et on doit y ajouter Niane Djibril Tamsir ou tout autre rescapé « du faux complot dit des Enseignants » volontaire pour dérouler le fil conducteur de notre marche ininterrompue vers la descente aux enfers de notre pays. Tout approche de réconciliation doit démarrer par un débat national entre ces quatre courants de pensée.

C*-. 3e proposition.
Compte tenu de tout le flou et de toutes le manœuvres pour empêcher l’organisation d’une élection propre et transparente acceptée par tous les Guinéens, il est souhaitable de déconnecter le projet de dialogue de tout enjeu de pouvoir, de tout délai de mise en œuvre du projet et donc de tout calendrier électoral. Il faut le consacrer exclusivement aux problèmes qui ne peuvent être résolus que par la volonté des seuls Guinéens de refonder une société solidaire donnant envie de vivre ensemble.

6*-. Conclusion.
Toutes les personnes de bonne volonté et de bonne foi adhérant à cette approche sont invitées à prendre leur place dans cette tâche difficile, mais nécessaire pour nourrir les populations habitant dans notre pays. En exposant notre vision de la Guinée que nous voulons pour les cinquante prochaines années, nous déboucherons sur une réconciliation sincère et non sur des arrangements politiciens qui ont montré leurs méfaits. La rencontre des fils de Diallo Telli et de Ismaël Touré à Conakry et les propos gênés qu’ils ont échangés montre qu’il y a un besoin et une demande de réconciliation chez nous.
La création des ministères de la Réconciliation et des Guinéens de l’extérieur, pour éphémère qu’ait été leur existence, est un pas important dans la voie de la réhabilitation de la Solidarité qui est la troisième valeur de notre devise nationale et donc de notre cohésion sociale et culturelle. Un forum réunissant touts les points de vue, sans aucune ingérence extérieure, va libérer les langues, ouvrir les cœurs des Guinéens, rétablir des relations personnelles. Il va enrayer les clivages ethniques et permettre aux compétences professionnelles, aux énergies créatrices des artisans, des artistes de s’exprimer sans allégeance à un homme, un clan, un parti une ethnie.
Un climat social de ce niveau rétablira la confiance pour refonder une société régie par un Etat impartial et protecteur des citoyens et des habitants. Un tel niveau d’échanges donnera à chaque Guinéen, chaque habitant, chaque catégorie socioprofessionnelle sa place. Les militaires retourneront dans les casernes pour assurer, avec dignité et compétence, la sécurité des frontières, des personnes et des biens. La Guinée reprendra ainsi sa place en Afrique, et dans le concert des Nations Unies. Voilà ce que doit être pour nous, une transition pensée, conduite, réalisée par les Guinéens sans aucune ingérence étrangère mais avec l’accompagnement de la Communauté internationale qui ne nous a pas beaucoup aidé pendant nos années de plomb, de misère et d’insécurité . Unissons-nous autour d’un seul mot d’ordre que nous pouvons réalisé sans aucun secours avant de faire appel à la coopération internationale : Réconciliation pour le Changement.

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