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l’exemple d’une classe de FLE : utilisation de la bd

vendredi 26 mars 2010, par Frederic Praud

Stéphane Paroux est enseignant de Français Langue étrangère au lycée Paul Valery. Il s’occupe de la classe d’accueil, une classe spécialisé pour les enfants migrants. La Bande Dessinée fait partie des outils d’apprentissage qu’il utilise et c’est également un objet d’étude qu’il fait analyser aux élèves.

La Bande Dessinée est un outil qui lui permet de travailler sur l’image et la narration. L’étude de l’image est scolairement classique, il choisi une planche de Bande Dessinée et analyse avec les élève les différents cadrages/plans qu’elle présente. Cela lui permet d’enseigner le champ lexical de l’image et d’expliquer au élève comment lire les images.

L’étude de la narration permet à Stéphane Paroux d’aborder plusieurs points de travail sur la langue française : la narration (construction du récit) et le dialogue.
La Bande Dessinée « les migrants » de l’association Paroles d’Hommes et de Femmes est avant tout utilisée pour sa narration car celle ci un claire et classique. L’apprentissage du français peut donc se faire « facilement » sur le récit des migrants. Le contenu est tout aussi important que la forme car il transcrit un parcours migratoire semblable à ce que les élèves ont pu vivre. Cette BD provoque un certain intérêt chez les élèves, ils sont content de voir une BD qui parle du sujet de la migration. Stéphane a choisi de travailler sur Muto, le récit d’une migrante camerounaise. Ce récit diffère des autres dans son aspect narratif car il commence par l’intégration aujourd’hui dans une ville européenne pour revenir sur le parcours scolaire, familial et de migration.

Toujours dans l’étude de la narration, le professeur va effacer la narration d’une planche de Bande Dessinée qu’il a sélectionnée (généralement de Jacques Tardi). Il demande ensuite à ces élèves de réécrire la narration ou du moins ce qu’ils comprennent des symboles transmit par les images.

Sur le même principe que l’exercice précédent, l’enseignant sélectionne une planche facile à comprendre avec des dialogues et supprime l’intérieur des bulles. Les élèves doivent donc réécrirent les dialogues. Il s’agit ici de leur montrer la construction d’un dialogue et surtout la diversité des échanges possibles. Il n’y a pas que des « Bonjour, ça va ? » « Bien, merci » ect...

Stéphane Paroux fait un autre travail important autour de la bande dessinée, en chaque début d’année il demande à ses élèves de dessiner en leur parcours. Le format du dessin doit être celui de la bande dessinée avec 3 bandes minimum (le pays d’origine, le voyage et l’arrivée en France). Ce travail autour de la construction de la bande dessinée commence par une analyse de la bande dessinée le Photographe. Cette bande dessinée est entrecoupé de photographie et se présente tantôt sous forme documentaire tantôt sous forme de récit. Cette analyse sert à montrer que la Bande Dessinée peut aussi être sous forme documentaire.

Ensuite les élèves doivent créer eux même leurs planches. Il n’y a pas de story board ou de scénario écrit car les enfants ont des niveaux de français différents, le dessin permet à tous de s’exprimer sans la barrière de la langue. L’enseignant demande d’axer leur histoire sur leur ressenti, leur impression. Le travail doit être fini à la maison, le résultat final est donc hétéroclite car les lycéens ne prennent pas tous le même temps de travail et n’ont pas tous le même niveau de dessin. Les planches finies sont exposées dans la classe et servent de support pour aborder le thème de la migration, le vécu des élèves. Ce sujet n’est pas toujours traité car les élèves cherchent à s’intégrer, il ne faut pas constamment leur rappeler/demander d’où ils viennent comme si ils étaient les ambassadeurs du pays d’origine. Cela les agace.

La Bande Dessinée sert d’outil d’apprentissage mais c’est également un objet d’étude. Les élèves de la classe aiment lire des mangas, Stéphane Paroux a donc fait un cours basé sur une comparaison entre la mise en image style manga et style franco belge. Il s’agissait de leur montrer les différences de narration et de dessin mais également de leur montrer que le dessin fait l’objet d’un travail rigoureux. Ce n’est pas parce que l’on sait bien dessiné qu’on peut se lancer directement dans la création d’une BD ou manga.

Ce professeur met à disposition des élèves quelques Bandes Dessinées classique tel que Tintin, Adèle Blanc-sec, J Bloches, les Migrants... Par son action, Stéphane Paroux montre que la Bande Dessinée peut servir d’outil d’apprentissage dans plusieurs domaines.

Lionel


Bande dessinée à utiliser dans le cadre du FLE, des cours d’histoire et autres... :
http://www.lettresetmemoires.net/parcours-migrants-tome-i-demande-pour-un-seul-exemplaire-reception-par-courrier.htm


Voir en ligne : La Bande Dessinée : Les Migrants

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