ECRIVAIN PUBLIC BIOGRAPHE - PAROLES D’HOMMES ET DE FEMMES

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France. Algérie.

"Wahib", métissage

Albin Michel Jeunesse

samedi 26 juin 2010, par PHF

"Cette fiche fait partie du répertoire de la bande dessinée migrante créé par Paroles d’Hommes et de Femmes. Ce répertoire est destiné aux enseignants, éducateurs, associations, collectivités qui souhaitent utiliser la BD ayant pour thèmes la migration, l’altérité, l’intégration, comme une source de lien social et d’action éducative"


Wahib

Auteur : Thierry Lenain

illustrateur : Olivier Balez

éditeur : Albin Michel jeunesse

2003

dès 3 ans

Thématique : metissage

Il y avait un pays : l’Algérie. Il y avait un pays : la France. Vint la guerre... Et aujourd’hui, il y a Wahid. Un enfant de l’amour.


Avis de Lionel :

La narration et le dessin sont remplis de poésie. On ne peut rester insensible à cette histoire. Les illustrations peuvent être comprises par les plus petits mais certains éléments peuvent/doivent être analysés avec plus de précision, il y a un véritable travail de recherche.


Pour relier les époques et les personnages de l’album Wahid, Olivier Balez, l’illustrateur, a tracé de la première à la dernière page une ligne d’horizon qui unit, se brise, ou se reforme au fil de l’histoire. Il nous explique comment il a conçu les images de cet album.

« Quand j’ai lu le texte de Wahid la première fois, j’ai tout de suite été emballé par l’histoire d’amour et par l’idée du métissage qui m’est chère. En revanche, le traitement des relations de l’Algérie et de la France pour un public très jeune m’a tout d’abord un peu dérouté. Mais après relecture, j’ai été vite « convaincu ». Je n’avais de la guerre d’Algérie qu’une perception « historique », acquise dans un « cadre pédagogique ». Or la force du texte de Wahid est de traduire la relation entre ces deux pays par une émotion qu’il fait naître à travers des mots simples, pesés, réfléchis, qui m’ont semblé justes.

Mon pari a été de garder cette simplicité dans le dessin et la mise en scène. Wahid n’est pas construit sur une narration avec personnage récurrent à chaque page. J’ai donc cherché un élément graphique qui pouvait faire le lien entre les différents personnages comme entre les différentes époques, pour donner un éclairage supplémentaire au texte sans le paraphraser. La ligne horizontale traversant les pages d’un bout à l’autre du livre m’a semblé pouvoir rendre compte de l’enchaînement et de l’unité des différentes étapes de l’histoire. Et puis, selon le contexte, cette ligne d’horizon commune pour les deux pays pouvait se briser et exploser pendant la guerre, puis les brisures se rejoindre pour reformer une ligne unique et vibrante. La scène du baiser est pour moi la clé de voûte de Wahid. Comme au cinéma, l’action monte en intensité jusqu’à ce moment pour éclater en très gros plan. Et après le baiser, la guerre fait place à l’amour…

La scène finale muette a mérité une longue discussion avec l’auteur et l’éditeur. J’avais d’abord pensé extraire le lecteur de la famille de Wahid pour l’ouvrir à d’autres histoires d’amour, en disant : « Vous avez suivi cette histoire familiale, mais il y en a beaucoup d’autres… » Mais il fallait éviter l’écueil de la chute caricaturale montrant un monde harmonieux où « tout le monde est beau tout le monde est gentil ». Difficile de ne pas être trop lourd dans le discours imagé… Finalement, le choix a été de recentrer cette dernière image sur Wahid, en escamotant même ses parents. Le petit garçon devient alors pleinement le symbole de la vie qui transcende la guerre – toutes les guerres. Et puis en soulevant le drap, il surgit avec complicité et malice face au lecteur – un peu comme si c’était lui qui venait de raconter cette histoire. Il nous a semblé que le propos n’en prenait que plus de force.

La technique utilisée est celle que j’emploie volontiers pour réaliser des images simples et fortes, proches des images de certaines affiches illustrées. Quelque chose qui pourrait s’apparenter à de la sérigraphie. Chaque « tache » est d’abord réalisée en noir à l’aide d’un pinceau sur du papier blanc. Elle est ensuite scannée puis mise en couleur sur ordinateur. Enfin, je la place en respectant fidèlement le crayonné de départ, scanné lui aussi. J’ai pensé que cette technique servirait particulièrement ce livre. J’ai voulu par exemple que les images puissent être vues de près ou de loin dans une classe, avec autant de facilité. La mise en couleur sur l’ordinateur m’a permis d’obtenir ce résultat : les gammes de couleurs sont volontairement très flashies ; j’ai pu les laisser éclater en toute liberté. J’espère que cela plaira… car c’est mon premier ouvrage de cette taille !

Pendant la réalisation du livre, je suis allé frapper à la porte de deux amis : Chafiq, un Algérien qui m’a montré des images anciennes et récentes de certaines villes d’Algérie ; et Robert, mon ancien professeur de typographie qui m’a conseillé pour dessiner le titre que je voulais d’évocation arabisante. Et puis pour un texte que je sentais si personnel, il m’a semblé très important de parler avec l’auteur. Nous nous sommes vraiment bien entendus, et cela a également été une belle collaboration avec l’éditeur. J’espère que ce plaisir sera partagé avec les lecteurs. En tout cas, ce livre, je l’offrirai ! À tout le monde, mais peut-être plus particulièrement à des couples d’origines différentes qui ont des enfants métis. Le métissage est à mes yeux une richesse infinie. »

Olivier Balez interrogé par Lusa. Informations tirées de : www.citrouille.net


Voir en ligne : La Bande Dessinée : Les Migrants

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