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Association des femmes juristes du Burkina Faso ( AFJ/BF )

Affiliée à la Fédération des Juristes Africaines ainsi qu’à d’autres réseaux d’associations tels que WILDAF/BF, RECIF-ONG et le REN-LAC.

lundi 2 juillet 2012, par Clare Mearns

L’Association des Femmes Juristes du Burkina Faso (AFJ/BF) a été créée en novembre 1993 par un groupe de femmes juristes désireuses de lutter pour la promotion du droit et contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

A propos

L’association réunit 126 juristes burkinabé. Elle est ouverte aux femmes diplômées en droit, exerçant ou ayant exercé une profession juridique ou étudiantes en droit.

Elle admet également des membres associés et des membres honoraires (hommes diplômés en droit, étudiants, associations…) et est affiliée à la Fédération des Juristes Africaines ainsi qu’à d’autres réseaux d’associations tels que WILDAF/BF, RECIF-ONG et le REN-LAC.

Le bureau de l’association est composé de sept membres. Hormis trois salariés (le coordinateur, une secrétaire et un agent de liaison), l’association est uniquement composée de bénévoles.

Les objectifs :

- Être au service de la femme et de la famille en particulier, et du peuple burkinabé en général.

- Faire connaître et promouvoir tous les droits de la femme et de la famille par l’information et la sensibilisation. Les chefs religieux et coutumiers sont généralement impliqués dans les campagnes d’information. Les femmes y apprennent quels sont leurs droits et comment elles peuvent se défendre. L’association prône le dialogue au sein des familles avant toute action juridique.

- Étudier la législation nationale et internationale en direction des femmes et de la famille et suggérer aux autorités politiques différentes actions en faveur de la femme.

- Assister la femme dans la défense de ses droits et acquis.

- Contribuer à tous les efforts déployés par la femme afin d’arriver à l’égalité de traitement devant l’emploi et de favoriser l’accès de la femme à toutes les carrières.

- Contribuer à l’élaboration, à la reformulation et à la vulgarisation des textes juridiques.

- Former et sensibiliser toutes les couches sociales sur les Droits de la Femme.
Ainsi, des séances de sensibilisation de trois jours sont fréquemment organisées. À l’issue de ces séminaires, un "point focal" chargé d’assurer le suivi de la formation est mis en place.

Activités :

L’AFJ/BF a mis en place fin 2004 deux grands projets, avec l’aide de deux partenaires importants : le FAED, le Fonds d’Appui à l’Etat de Droit, organisme européen, et l’UNFPA, Fonds des Nations Unies pour l’Aide aux Populations.
L’association a dispensé des formations à des praticiens du droit sur les textes favorables aux droits des femmes dans sept provinces du Burkina Faso.

Un deuxième projet consiste en des formations et sensibilisations accompagnées de débats d’infirmiers et de chefs coutumiers sur les droits des femmes en matière de sexualité et de reproduction, et ce dans trois grandes régions du pays :

- L’est,

- Le centre,

- Le Sahel.

En outre, l’association opère au niveau des établissements scolaires, collèges et lycées du Kadiogo, en proposant des formations sur les droits de la femme et de l’enfant à travers des conférences et des débats dans les établissements.

L’association a également contribué à traduire des modules d’explication du Code des Personnes et de la Famille en langues nationales et organise des émissions à la radio et à la télévision sur des thèmes qui concernent les droits des femmes en matière de succession, de mariage, de divorce et de reproduction. En effet, toutes les femmes ne savent pas par exemple qu’elles peuvent prendre la pilule contraceptive sans l’accord du mari. C’est contre cette ignorance des droits des femmes que l’AFJ entend lutter. Elle a mis en place un centre d’écoute et de conseils juridiques ouvert à toutes, où des professionnels conseillent les femmes et accompagnent leurs démarches auprès de la justice.

En 2007, l’AFJ/BF s’est concentrée sur le domaine foncier en effectuant des recherches auprès des populations rurales : l’association a mis en place un réseau qui lutte pour que les femmes aient accès à la terre. En effet, la tradition ne leur permet pas toujours d’y avoir accès alors que la loi le permet ; les femmes demeurent dans le domaine familial et peuvent tout perdre en cas de divorce ou de décès du mari. Ainsi, l’AFJ/BF se bat pour qu’elles puissent être propriétaires et une politique nationale de sécurisation foncière a été adoptée en octobre 2007. Ces textes expliquent dans quelles conditions la terre est exploitable et tâchent de réguler l’attribution des périmètres aménagés. Pour que leur application soit efficace, il faut que l’AFJ/BF et d’autres associations plaidoient auprès des chefs coutumiers, souvent gardiens de la tradition.

Projets :

L’association lutte depuis 2007 pour l’adoption d’une loi de quotas qui prévoierait que 30% des postes électifs ou nominatifs de la fonction publique soient réservés aux femmes, mettant pour cela en place un réseau de lobbying et de plaidoyers.

Mais l’AFJ a conscience que les mentalités sont dans ce domaine lentes à évoluer : il n’est pas rare qu’un responsable politique important quitte un parti qui a bien positionné une femme sur une liste électorale, et les femmes sont encore très minoritaires à l’Assemblée Nationale. Le protocole de la Charte Africaine relatif aux droits de la femme qui a été ratifié en 2006, notamment grâce aux plaidoyers menés par l’association, prévoit lui la parité dans le long terme, mais ce protocole est loin d’être appliqué au Burkina.

En effet, si la legislation évolue peu à peu dans un sens favorable aux femmes, les lois tardent à être appliquées, se heurtant aux coutûmes et aux traditions misogynes. C’est pourquoi l’AFJ lutte pour une meilleure application des textes favorables aux femmes. Les femmes aujourd’hui osent de plus en plus aller vers la police ou la justice en cas de litiges, mais sont encore contraintes par des lourdeurs administratives et financières. Ainsi, l’AFJ milite pour l’application d’un texte qui prévoit une assistance judiciaire et financière aux femmes qui n’ont pas les moyens d’entreprendre des poursuites juridiques.

L’association compte créer un centre d’ecoute pour les femmes et des journees portes ouvertes pendant la Journee de la Femme, le 8 mars.

Même si les mentalités évoluent et que les femmes ont moins peur d’aller devant la justice, certains préjugés restent tenaces au sein de la population : Mme Aglaé Gouba Da nous confie que l’association est considérée par certains hommes comme "fabriquant des révoltées" et "brisant des ménages". De plus, bien que les lois soient favorables aux droits de la femme et que le code de la famille soit très élaboré, le poids socio-culturel de la tradition est souvent trop important. Même quand les femmes obtiennent gain de cause elles rencontrent des difficultés pour l’exécution des décisions. L’AFJ s’attache donc à les suivre jusqu’au bout.

Afin de réaliser ces objectifs l’AFJ propose :

- Parrainage de jeunes filles, lycéennes et étudiantes, afin de les inciter à poursuivre leurs études

- Mise en place d’une aide financière aux femmes qui n’ont pas les moyens d’entamer une procédure devant la justice

- Défense du projet sur la loi foncière afin de favoriser l’accès des femmes à la terre

- Défense du projet de loi sur les quotas en milieu professionnel

- Formations sur l’usage de la contraception et les droits sexuels, avec du personnel medical et des responsables religieux

Contacts :

50, Av de l’UEMOA

Quartier Koulouba, Secteur 4

01 BP 473

Ouagadougou 01

Province du Kadiogo

Burkina Faso

(226) 50 33 53 07

(226) 50 33 53 07

afj-bf@cenatrin.bf

http://afjbf.courantsdefemmes.org

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