ECRIVAIN PUBLIC BIOGRAPHE - PAROLES D’HOMMES ET DE FEMMES

Accueil > MEMOIRES CROISÉES : La Mémoire source de lien social > Mémoires Croisées de Sarcelles > Mémoires Croisées - Avenir Partagés > Pendant les émeutes de 2005, les jeunes des Rosiers ont repoussé les casseurs (...)

Sarcelles : Jéremy Maury né en 1983

Pendant les émeutes de 2005, les jeunes des Rosiers ont repoussé les casseurs !

La richesse de Sarcelles c’est les quartiers. Je l’aime ma cité !

jeudi 1er juillet 2010, par Frederic Praud

Jérémy Maury

Je suis né à Sarcelles en 1983. J’ai vu le jour, et j’ai grandi dans le quartier des Rosiers. Ma mère est originaire de Paris, et mon père de Granville, en Normandie. Mes parents sont venus à Sarcelles pour y travailler et s’y sont établis. Ils n’ont jamais bougé de la ville. Je ne connais pas l’histoire de ma famille, et je n’ai jamais interrogé mes parents à ce sujet. Ils n’ont d’ailleurs pas l’habitude de s’attarder dessus.

Etre jeune et habiter les Rosiers dans les années 80

Mon plus ancien souvenir dans le quartier est lié au centre social. Il a beaucoup changé par rapport aux années 80. Dans ma jeunesse, j’ai connu des périodes plus tendues que d’autres aux Rosiers. Notamment, quand les jeunes du quartier des Sablons ont assassiné un habitant des Rosiers. Je ne me rappelle plus exactement ce qui s’est passé, j’étais trop petit.

Quand j’étais petit, il y avait des gangs dans chaque quartier de la ville ! Cela fonctionnait ainsi ! Je ne pouvais pas m’aventurer en-dehors de ma cité sans avoir des ennuis. Les autres jeunes qui cherchaient la bagarre étaient de Sarcelles aussi, mais ils n’acceptaient pas ceux des autres quartiers. Leur quartier, c’était leur territoire ! C’est un espace que l’on devait défendre, où les inconnus n’avaient pas le droit de circuler.

« Embrouilles »

Les affrontements avec les jeunes des différents quartiers se réglaient en incendiant leur territoire. Il y avait beaucoup « d’embrouilles » entre nous. Une « embrouille » c’est un conflit avec une bande de jeunes. A présent le quartier des Rosiers a beaucoup évolué. Avant l’ambiance était tendue, maintenant la situation a changé, et le quartier revit. L’atmosphère était électrique auparavant, car il y avait constamment des bagarres.

Sarcelles, bien plus qu’une ville dortoir… une terre d’espoir !

Je pense qu’être sarcellois, c’est vivre à Sarcelles, construire son avenir dans cette ville. C’est dur de trouver un emploi quand on habite ici. Pour moi, l’avenir c’est le travail ! Mais il est difficile d’en obtenir un. Quand je me présentais pour un poste sur Paris, les employeurs me demandaient où j’habitais, je répondais « à Sarcelles », et ils me disaient automatiquement : « Non, nous n’avons pas de places. On ne prend pas d’habitant de Sarcelles ». Je me suis heurté à cette difficulté. Malheureusement, pour tous les jeunes d’ici, c’est la réalité, notre quotidien.

Les quartiers

La richesse de Sarcelles c’est les quartiers. Je l’aime ma cité ! Je ne me déplace pas beaucoup. Je reste surtout dans la cité, mais il m’arrive parfois de me promener dans la ville. Un jour, je me suis fait agresser à la gare de Sarcelles parce que j’habitais aux Rosiers ! Ils m’ont vu une fois avec ma bande, et cela leur a suffi pour me reconnaître. Il n’y a eu aucune représailles contre eux après. Je connais des copains à Paris, ils me demandent souvent pourquoi j’aime Sarcelles ; tout simplement, parce que j’ai grandi ici ! C’est ma ville, donc je la défends ! Quand il y a une fête ou une manifestation dans un autre quartier, on ne s’y rend pas, on n’y participe pas. Nous les grands, nous disons aux petits que cette rivalité avec les autres quartiers est malsaine. On leur demande et leur conseille d’apaiser les tensions entre eux.

Le quartier des Rosiers

Le projet de Farouk, directeur du centre, porte ses fruits aux Rosiers. Il connaît le quartier et va souvent sur le terrain, il est plus proche de nous. Son action est bénéfique. Il a eu un impact sur notre existence. Quand il dit quelque chose, les jeunes le suivent, car il a grandi aux Rosiers, on le respecte pour cela. Si ça avait été une personne méconnue dans le quartier, les jeunes ne l’auraient pas écoutée. Pendant les émeutes de 2005, les jeunes des Rosiers ont repoussé les casseurs ! Ils ont défendu notre territoire ! C’est notre principe !


Voir en ligne : La Bande Dessinée : Les Migrants

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.